La compétition pour développer le successeur du lance-roquettes unitaire devrait être lancée l’an prochain. Un prélude à la commande d’une capacité attendue de pied ferme par l’armée de Terre, alors que démarrent les premières études confiées à quatre industriels français.
Les grands travaux ont démarré pour trouver le remplaçant du LRU. Deux contrats de 25 M€ ont été attribués aux consortiums formés par Safran et MBDA d’un côté, Thales et ArianeGroup de l’autre. Phase initiale du programme « frappe longue portée terrestre » (FLPT), ces études doivent aboutir à « la réalisation d’un démonstrateur » et à des essais dans un délai de 18 mois, indique un rapport sénatorial.
Passée cette phase initiale, la Direction générale de l’armement (DGA) prévoit le lancement d’une compétition « avant la fin de l’année 2025 afin de lancer une commande dans la foulée permettant de pouvoir disposer d’un successeur ‘souverain’ au LRU », complète le rapport. Un délai particulièrement resserré pour les industriels si l’enjeu reste bien d’éviter une rupture temporaire de capacité après le retrait du LRU, obsolète à compter de 2027.
Côté industriels, il s’agit d’avancer rapidement tout en assumant une part de risque. Le partenariat d’innovation lancé par la DGA comporte en effet « une partie significative d’auto-financement », indiquait le président de Safran Electronics & Defense, Franck Saudo, cette semaine en audition parlementaire. « Ce qui est important, c’est que cette prise de risque soit récompensée », complétait-il.
Se pose donc dès maintenant la question de l’ « après », le choix d’une solution souveraine n’étant à première vue pas totalement acté. « Il conviendra d’être attentif à veiller qu’après cette première phase de 18 mois de partenariat d’innovation, le programme de développement et d’approvisionnement puisse être lancé », notait Franck Saudo. Si 600 M€ sont prévus en loi de programmation militaire pour le sujet FLPT, il faudra attendre pour en apercevoir la déclinaison dans les tableaux budgétaires annuels. Seuls 7 M€ en autorisations d’engagement sont inscrits dans le budget 2025 pour financer « le lancement en préparation de l’incrément 1 », une intention identique à celle fixée pour 2024.
Souveraine ou non, « cette capacité de feu dans la profondeur tactique est indispensable pour l’armée de Terre, donc pour les armées », rappelait le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Pierre Schill, mi-octobre face aux députés. « Nous devons occuper ce créneau qui correspond à nos moyens de renseignement : il permettra d’atteindre des objectifs ennemis dans une profondeur tactique de 100 à 200 kilomètres ». Un créneau que le LRU quittera à l’instant où l’armée de Terre entend disposer d’une division « bonne de guerre » projetable en 30 jours. Ses quelque 20 000 combattants doivent en théorie pouvoir compter sur l’appui d’une dizaine de pièces d’artillerie longue portée. Lesquelles ? Réponse, si le calendrier est tenu, dans un an.