Doublement de capacité à l’horizon pour la pépite belge d’EURENCO

Share

Le pilier belge d’EURENCO est et restera le plus grand fournisseur de poudres de petit calibre en Europe. Sa capacité de production doublera d’ici à l’été 2026, résultat d’un investissement majeur et réponse nécessaire face à une demande toujours plus prégnante. 

Entre le bruit des pelleteuses et la forêt de grues, difficile d’ignorer la métamorphose en cours du site belge d’EURENCO, installé à Clermont-sous-Huy. Posée vendredi dernier, la première pierre officialise un chantier annonciateur d’un doublement de la capacité de production. De 2300 tonnes aujourd’hui, celle-ci s’élèvera à 4500 tonnes par an à compter de juillet 2026. Quelque 15 nouveaux bâtiments seront sortis de terre d’ici là dans un espace contraint mais habilement valorisé. Montant de l’opération ? Environ 86 M€ investis sur fonds propres. « Nous sommes là depuis longtemps et pour longtemps », s’est félicité Thierry Francou, PDG d’un groupe européen dont l’installation liégeoise fêtera bientôt ses 175 années d’existence. 

Pour le Ministre-Président de la Wallonie, Adrien Dolimont, l’opération représente « un investissement massif, un signal fort qui confirme toute l’importance stratégique du site  pour la Région wallonne et pour l’Europe ». « Nous voyons combien il est important de compléter les chaînes d’approvisionnement et le fait de pouvoir produire de la matière première ici est un atout indéniable (…) Vous pouvez être fiers de ce que vous avez développés, de ce que vous allez développer demain », déclarait Pierre-Yves Jeholet, vice-président de la Wallonie et ministre, entre autres, de l’Économie et de l’Industrie. 

Pour EURENCO, le défi ne se limite pas à pousser les murs pour y installer de nouvelles lignes. Il faudra également les opérer. Le véritable enjeu reste donc celui du recrutement, la montée en cadences exigeant la création d’une centaine d’emplois supplémentaires, pour moitié pourvus au cours des six derniers mois. Avec ses 240 salariés à terme, l’effectif aura doublé en deux ans et triplé en six ans.

Réclamé de toute part, EURENCO multiplie les partenariats stratégiques pour renforcer sa visibilité. De commande en commande, la clientèle a d’ores et déjà réservé l’ensemble des capacités actuelles et futures de la filiale belge jusqu’en 2032. « Ce ne sont pas seulement des clients, ce sont des partenaires », insistait Thierry Francou. Le dernier rapprochement en date, signé en juin avec le voisin liégeois FN Herstal, garantit de l’activité jusqu’en 2032. D’autres rapprochements avec des acteurs européens du même calibre se matérialiseront sous peu. 

« Tout le monde a aujourd’hui besoin de poudres et d’explosifs », rappelait Thierry Francou en écho au réarmement global des armées de l’OTAN et au besoin qu’il induit. Et s’il représente une fois et demi le chiffre d’affaires annuel de l’entreprise belge, l’effort qui y est consenti permet d’agir tout de suite au lieu d’attendre les commandes étatiques et autres subventions. « Le temps court, la demande est là. (…) Il faut être au rendez-vous de cette demande et accélérer », résumait le patron d’EURENCO.

Acteur central de la filière munitionnaire européenne, EURENCO a depuis longtemps choisi d’accélérer à l’échelle du groupe. Peu importe la filiale ou le produit, il s’agira de doubler l’ensemble des capacités grâce aux 650 M€ investis entre 2024 et 2026, dont 76 M€ amenés par l’Europe au travers de son mécanisme « Act in Support of Ammunition Production » (ASAP). Une dynamique nécessaire mais dont le risque est contrebalancé par les derniers résultats engrangés par le groupe : 478 M€ de chiffre d’affaires et un carnet de commandes qui plafonne désormais à 3 Md€. La courbe continuera de grimper, le groupe projetant un chiffre d’affaires de 560 M€ en 2025 tout en maintenant son objectif d’atteindre 1 Md€ fin 2028. 

Crédits image : EURENCO