Le "Balardgone" encore dans la tourmente

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Énième rebondissement dans la houleuse histoire du « Balardgone ». Ce Pentagone à la française, qui doit rassembler près de la cité de l’air dans le 15e arrondissement, dans un même lieu l’ensemble des Etats-majors et le ministère, n’en finit pas de faire parler de lui. Selon l’édition du canard enchainé datée d’aujourd’hui, une enquête a été ouverte en octobre 2010 pour corruption. Un responsable du ministère de la Défense aurait fourni à un cadre de Bouygues, gagnant de l’appel d’offre, le cahier des charges avant qu’il ne soit transmis officiellement à l’ensemble des concurrents… Gérard Longuet a assuré que le Ministère était « serein ».

Depuis son lancement le projet subit régulièrement la critique. Déjà, en 2009, un rapport de la Cour des comptes avait émis quelques doutes quant à la pertinence de l’emplacement ou le mode de financement. Mis en cause, entre autres, la formule du partenariat public privé (PPP) retenue, qui aboutirait à faire peser l’ensemble des risques sur l’Etat et non le partenaire privé, en l’espèce Bouygues. Autre épisode, en 2010, le contrôle général des armées se serait interrogé sur l’intérêt des choix faits en terme de répartition des personnels : avoir 5000 personnes pour l’îlot central (parcelle ouest de Balard) alors que 3000 auraient été plus judicieux… Les députés du groupe socialiste se plaignent de leur côté régulièrement du manque d’informations et de transparence du projet…

L’idée sous-jacente de ce « Balardgone » était aussi que la Défense puisse en conséquence vendre les emprises parisiennes ainsi libérées et apporter des recettes dites « exceptionnelles » à un budget de la défense qui en avait bien besoin en période de « bosse budgétaire ». Mais force est de constater aujourd’hui, que ces recettes ne sont pas au rendez-vous. L’Hôtel de la Marine doit finalement rester dans le giron de l’état (et hébergera notamment des collections du Louvre) tandis que la caserne de Reuilly a été classée en juillet dernier. Tout travaux sera donc difficile et long à obtenir, pesant lourdement sur le prix de vente. Cela à un moment où de très fortes incertitudes entourent un budget défense, qui n’est sauvegardé qu’en façade…