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DSEI 2021 : ROS 3.0 et nouvelles perspectives pour Safran Electronics & Defense

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Safran Electronics & Defense accompagne désormais sa jumelle infrarouge multifonction JIM Compact d’un nouveau système d’observation à distance (ROS) “3.0” dévoilé pour la première fois au salon DSEI, organisé cette semaine à Londres. Un module qui a déjà trouvé preneur et suscite l’attention des deux côtés de la Manche.

Il n’attire peut-être pas directement le regard, mais ce boîtier ROS s’avère être un outil précieux pour opérationnels, forces spéciales, observateurs d’artillerie et unités de renseignement en tête. Une fois fixé entre le sommet du trépied et la base de la jumelle, il transforme celle-ci en un « mirador déporté ». L’utilisateur peut alors déclencher toutes les fonctions de sa jumelle à distance, à 360° et sur trois axes, sans perte de précision.

Les cas d’usage sont multiples : surveillance discrète de périmètre ou de frontière, reconnaissance à distance, etc. Installé sur le toit d’un VAB, par exemple, il permet aussi d’assurer la garde d’un bivouac tout en restant à l’abri, de jour comme de nuit.

Avec le ROS 3.0, Safran prolonge une relation établie de longue date avec le Britannique Instro Precision, spécialiste de l’ingénierie de précision depuis 60 ans. Entre le nouveau et l’ancien modèle, Instro a travaillé sur la diminution du poids et du volume, la consommation d’énergie les liaisons de données, l’ergonomie et l’intégration de nouveaux types de jumelles.

La jumelle JIM Compact et une partie de son nouvel environnement : ROS 3.0, boîtier à connectique et tablette de contrôle à distance

L’évolution est perceptible sans même devoir allumer la jumelle. Le poids du ROS étant réduit à 3 kg, l’ensemble ne pèse plus que 8 kg et tient dans trois sacs compacts. Deux liaisons de données sont disponibles, soit grâce à un câble de 25 mètres, soit au travers d’une connexion Wifi efficiente dans un rayon d’un kilomètre. Plusieurs options pour étendre la portée sont disponibles, pointe Instro. Une seule tablette suffit pour manœuvrer jusqu’à quatre jumelles.

Safran Electronics & Defense attend maintenant les premiers retours d’expérience des utilisateurs pour continuer à faire évoluer le produit. Ces RETEX pourraient intervenir rapidement, le montage ayant déjà trouvé preneur dans un pays du BENELUX. L’idée intéresse également les militaires norvégiens, qui projettent d’installer des postes d’observation le long de leur frontière septentrionale afin de tenir à l’œil un turbulent voisin. La Norvège avait acquis 400 jumelles JIM Compact et 300 jumelles monoculaires Moskito TI en 2018.

D’autres opportunités pourraient survenir au Royaume-Uni, dont les forces spéciales sont déjà utilisatrices de la JIM Compact et du télémètre laser PLRF25C, et en France, où ce type de module est utilisé depuis un moment par les forces spéciales. Couplé avec la jumelle JIM LR2, le ROS 2.0 leur avait notamment permis de surveiller les alentours d’une base opérationnelle avancée tout en restant à couvert, nous explique un représentant de Safran, lui-même ancien du CPA 10.

Toujours côté français, les industriels attendent de pied ferme le lancement d’une procédure pour le renouvellement des parc de jumelles des armées. L’acquisition de trois segments seraient à l’étude : moyenne, longue et très longue portées. Si elle se concrétise, les premières livraisons pourraient intervenir à l’horizon 2025.

Le segment médian viendrait remplacer le millier de jumelles JIM LR 2 acquises il y a une décennie dans le cadre du marché JIR TTA NG. Pour Safran, l’objectif sera bien d’aller capter la totalité du marché. Il devra pour cela compiler avec l’appétit de Thales, qui mise sur l’enrichissement de sa gamme Sophie. Le modèle Ultima avait été dévoilé en 2018 au salon Eurosatory, suivi deux ans plus tard d’une Sophie Optima en cours d’évaluation au sein des forces spéciales françaises.

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