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Dernière ligne droite avant Barkhane pour le premier GTIA Scorpion

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La 5e compagnie en pointe

Les Dragons de la 5e compagnie sont aujourd’hui à la pointe au sein d’un régiment en pointe, lui-même relevant de la brigade en pointe sur Scorpion. Ils formeront le SGTIA le mieux pourvu, avec plus d’une dizaine de Griffon sur les 32 exemplaires qui composeront le premier parc OPEX. Il s’agira de Griffon VTT, mais également d’un Griffon “logistique” (Griffon VTT RAV) opéré par le train de combat n°1, dont les éléments sont intégrés aux différents SGTIA.

Ces Griffon seront accompagnés de « kits OPEX » conçus pour apporter un degré de protection largement supérieur à celui du VAB. Hormis un tourelleau téléopéré « désormais stabilisé » et le blindage additionnel sur les flancs et le toit, ce kit comprendra le détecteur de départ de coup Pilar-V, le brouilleur anti-IED BARRAGE, le kit de vision hémisphérique proche ANTARES, ainsi qu’un support mitrailleuse sur l’une des deux trappes de toit situées à l’arrière. L’ensemble va nécessairement « jouer positivement sur la confiance du marsouin », estime le capitaine Roman.

Le GTD Korrigan sera le premier à projeter le Griffon en OPEX.

Le Griffon, c’est aussi un degré de confort qui devrait diminuer le facteur fatigue, notamment à l’issue d’une phase de roulage de plusieurs jours nécessaire pour se rendre sur les zones de déploiement. « La base est à Gao, mais des opérations sont montées à 500 km de là. Finalement, avoir la climatisation à bord, un véhicule qui ne vous secoue pas toute la journée et des sièges plus confortables seront des différences énormes ». À l’arrivée, c’est un militaire moins éreinté qui entamera sa mission.

La 5e compagnie est également la première au sein 3e RIMa à être entièrement dotée en nouveaux casques composites F3. S’y ajouteront les pistolets semi-automatiques Glock 17FR et fusils de précision SCAR-H PR. Enfin, les marsouins seront équipés du SICS débarqué. Le 3e RIMa dispose pour l’instant de terminaux en suffisance pour équiper deux de ses trois SGTIA, dotation qui pourrait encore évoluer à la hausse d’ici à l’automne.

SICS, un outil qui aura une influence positive sur l’ambiance sonore, donc la concentration, au sein du CO.

Dynamiser la manœuvre grâce au SICS

Si le 13e bataillon de chasseurs alpins (13e BCA) est précurseur sur le déploiement du SICS en OPEX, le 3e RIMa sera le premier à l’éprouver au départ de véhicules de nouvelle génération. Qu’importe sa version et la plateforme sur laquelle il est installé, le sursaut capacitaire sera indéniable pour le capitaine Roman.

Hormis les Griffon nativement équipés, les véhicules d’anciennes générations du GTD Korrigan ont été « Scorpionisés ». Dans le cas du VAB, la tablette SICS est située à l’avant auprès du radio-tireur et non à proximité du chef du groupe, placé en cabine.

La grande révolution apportée par SICS repose sur le blue force tracking, ou géolocalisation amie (GLA), qui permet de connaître automatiquement le positionnement de chacun, ami ou ennemi identifié. « Les sections elles-mêmes arrivent à suivre leur position par rapport à celles d’à côté et peuvent se synchroniser entre elles. Les chefs d’engin disposent en permanence de la topographie exacte et de la direction de leur objectif ».

« En tant que commandant d’unité, je n’ai plus à demander constamment le positionnement des unités amies. Il y a donc beaucoup moins d’échanges sur la radio », relève-t-il. Ce sont autant de points de situation évités, des arrêts lors desquels le véhicule devient une cible statique pour l’ennemi. « Tout cela accélère le combat et évite les tirs fratricides. La manœuvre est donc beaucoup plus sûre et dynamique ».

Même son de cloche au sein du CO monté pour l’occasion à Mailly-le-Camp. « Plus des trois quarts des communications réalisées hors-contact étaient jusqu’à présent relatives à des questions de coordination, donc essentiellement le positionnement et la direction », indique le commandant Fabrice du 3e RIMa, à la tête du CO pendant la phase initiale de l’exercice.

Grâce à  SICS, plus besoin de partir à la chasse aux informations. Le système se charge de d’actualiser automatiquement la situation tactique de référence (STR), remontée brute des postes SICS de chaque véhicule partagée instantanément à tous les échelons. Avec ensuite la possibilité pour chaque poste de se concentrer sur son cœur de métier en lui appliquant des filtres et une diminution sensible de la « pollution sonore » au sein du CO.

La radio ne disparaît par pour autant, mais son usage sera davantage limité aux phases critiques. « Lorsque le stress survient, il est essentiel de pouvoir recréer un lien direct entre le commandant d’unité et son chef opérations ou son chef de corps. Il ne faudrait surtout pas que l’infovalorisation coupe ce lien relationnel », nous explique-t-on.

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