Une balle perdue, quarante hélicos retrouvés

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Un avion d’aéroclub tenu en respect par un Fennec « armé » d’un tireur de précision. (photo Frédéric Lert)


 
Gros émoi dans les rédactions en ce début d’après-midi : un hélicoptère de la force Sangaris a été touché vendredi dernier par un tir venu du sol alors qu’il survolait Bangui. Après quelques heures de recul, on apprend que l’impact n’a été découvert qu’à la fin de la mission de l’appareil, au cours d’une visite technique de routine après le vol. Un non événement donc, l’opposition armée aux opérations héliportées étant considérablement plus forte sur certains territoires de la République française. Mais cet impact est l’occasion de revenir brièvement sur l’appareil engagé : un AS555AN Fennec de l’armée de l’Air. Cette version bimoteur du célèbre Ecureuil est essentiellement un appareil civil millitarisé par l’ajout d’un canon Nexter M621 de 20mm, identique à celui équipant les Gazelle de l’armée de Terre. Les Fennec canon sont régulièrement mis en avant par l’armée de l’Air dans le cadre des missions MASA (Mesures Actives de Sûreté Aérienne). Quand il s’agit par exemple d’intercepter le pilote d’aéroclub  qui s’écarte de son trait pour venir effleurer la zone interdite enveloppant une centrale nucléaire. En attendant une artillerie un peu plus lourde (Tigre de l’Alat par exemple), deux Fennec ont donc été engagés par l’armée de l’Air dès le début de l’opération Sangaris. Les appareils sont équipés des deux seuls kits de blindage amovibles disponibles, qui étaient prépositionnés sur d’autres théâtres d’opération africains et qu’il aura fallu faire converger d’urgence à Bangui.  Avec une quarantaine de Fennec à sa disposition, l’armée de l’Air dispose d’un solide potentiel d’intervention aujourd’hui largement sous employé, mais que l’opération Sangaris vient opportunément remettre sur le devant de la scène.