Le Kevlar est orphelin

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Un chien policier équipé d’une veste de protection en kevlar. Photo Frédéric Lert.


Qui connaissait Stephanie Kwolek ? Trop peu de monde sans doute… Stéphanie Kwolek, qui vient de décéder à l’âge de 90 ans, était une chimiste de talent employée par la firme américaine DuPont de Nemours. Au milieu des années soixante, elle découvra par hasard avec son collègue Herbert Blades un polymère liquide pouvant donner naissance à des fibres d’une exceptionnelle résistance. A la suite de cette découverte, la firme américaine réagit très rapidement en recherchant systématiquement toutes les applications possibles de cette fibre d’aramide qui prit le nom commercial de Kevlar. Bien évidemment, la fabrication de blindages alliant légèreté et résistance figura très vite sur la liste des applications possibles, parmi plusieurs centaines d’autres dans une immense variété de domaines. Stephanie Kwolek se disait très fière de savoir que même les chiens policiers pouvaient être équipés d’une veste de protection en kevlar. Sa réussite professionnelle lui permit également de militer pour une plus grande participation des femmes dans le milieu scientifique majoritairement masculin.