Là où sont formés les équipages de VBCI

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VBCI évoluant à Canjuers
(crédits: G Belan)


FOB vous propose aujourd’hui une visite dans le camp de Canjuers dans le centre de formation des équipages VBCI (Véhicule Blindés de Combat d’Infanterie, de Nexter sur châssis RTD).
 
Ouvert en 2008, ce centre est l’unique endroit dans l’armée française qui forme les tireurs, chef de char et pilotes des VBCI. Ainsi l’ensemble des équipages de VBCI passe ici. La formation (ou plutôt transformation, c’est à dire adaptation à la conduite sur VBCI d’équipage conduisant d’autres types de blindés) dure près d’un mois et est assurée par le 1er RCA (régiment de chasseurs d’Afrique). Au menu : cours théoriques, travail sur simulateur et emploi réel des véhicules. Deux formations distinctes sont fournies : celle pour les pilotes et celle pour les tireurs et chefs de char. Attention, il ne s’agit ici que de la formation initiale technique, celle tactique est pourvue au sein des régiments.

les simulateurs de conduite VBCI de Thlaes
(crédits: G Belan)


Depuis 2008, l’ensemble des unités de l’armée de terre employant le VBCI a été formé ici, à savoir : le 35ème RI ; 92ème RI, 1er tirailleur, RMT, 152ème RI et 16ème BCA, soit l’ensemble des régiments mécanisés, qui ont été « transformés » sur l’emploi du VBCI. C’est maintenant les unités motorisées qui vont recevoir leur formation. A chaque fin de formation, les équipages perçoivent leurs véhicules VBCI du parc d’entraînement et repartent avec (soit 20 véhicules par régiment). Cette transformation va s’achever fin 2015, mais les installations et simulateurs modernes installés au camp de Canjuers continueront à servir après 2015 pour assurer des stages de renouvellement, c’est à dire former les nouvelles recrues. Ainsi, fin 2015, le premier régiment formé repassera en formation à Canjuers pour les nouveaux équipages VBCI.
Le centre de formation est depuis 2008 particulièrement bien équipé pour assurer cette formation, notamment en simulateurs. Gavap qui appartient au groupe suisse Ruag fournit les simulateurs de tireurs et chefs de char et Thales ceux pour le pilotage. Après des cours théoriques collectifs, chaque spécialité s’entraîne sur les simulateurs avant d’employer leur VBCI dans le gigantesque camps de Canjuers, le plus grand d’Europe centrale (35 000 hectares).

crédits: G Belan


La section formation des pilotes met en œuvre pas moins de 6 simulateurs VBCI sur vérins électriques, deux d’AMX10P, deux d’AMX10RC et un d’AMX30, ces matériels étant toujours en dotation sous diverses configurations (char de dépannage, d’entraînement pour jouer des forces ennemies dans les zones d’entraînements…). Ajoutons qu’il y a également deux simulateurs VBCI mobiles pour l’entraînement dans les régiments. La formation à Canjuers est donc, rappelons le, la formation technique et celle en conditions difficiles, car il est possible avec les simulateurs de jouer diverses conditions (tout temps, jour/nuit et diverses pannes). Avec 10 à 12 stages par an, jusqu’à 14 pilotes peuvent être formés en 3 semaines : le ratio temps de simulateur et conduite réelle est d’environ 1/3 simulation et 2/3 réelle. Les équipages apprennent également les gestes pour l’entretien des véhicules et les pannes simples. Canjuers dispose de deux pistes de 5 km de long pour le tout terrain, tandis que la conduite sur route est réalisée sur la route circulaire du camps soit 100 km ! Canjuers dispose également de pas de tirs sur positions fixes pour les tireurs VBCI. A l’été 2016, un nouveau complexe, baptisé Opéra, en cours de réalisation, ouvrira ses pistes. Opéra sera un parcours de manœuvres et de tirs en mouvements (chose impossible aujourd’hui), qui s’étalera sur 36 hectares, dans un environnement complètement numérisé.
 
Le 1er Régiment de Chasseurs d’Afrique
Le 1er RCA, dont la mission est centrée sur la formation, verra sa mission transformation initiale sur VBCI (des régiments sur AMX10/VAB) disparaître fin 2015 et va se concentrer sur la mission formation, sur VBCI mais également d’ici quelques années sur VBMR et EBRC. La seconde mission du 1er RCA comprend celle de contrôle des unités de l’armée de terre sur leurs performances, il s’agit ici du tir mais aussi de la manœuvre, grâce bientôt au complexe Opéra. Le troisième aspect de cette unité particulière est la préparation opérationnelle des DAO (détachements d’assistance opérationnelle) avant projection.