La difficile féminisation des armées

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Une tireuse d’élite de l’armée de l’air
(crédits: Armée de l’air)


La féminisation de l’armée française se déroule, de prime abord, plutôt bien. Les chiffres sont en constante augmentation : aujourd’hui la défense française compte 60 000 femmes, dont 32520 militaires, soit 15,18% des effectifs des soldats et 38% des effectifs civils.
Mais à y regarder de plus près, la féminisation ne se passe pas si bien que cela.
Premier constat : un tassement du taux de féminisation depuis les trois dernières années. Ensuite, les femmes militaires occupent principalement des fonctions de soutien, comme le service de santé qui remporte la palme avec plus de 56% de femmes dans ses effectifs, alors que l’armée de terre, par exemple, n’en compte que 10,12%.
Constat encore plus révélateur, les femmes ne sont pas soumises au même traitement que les hommes : seulement 7% d’entre-elles sont déployées en opérations extérieures (opex), là encore essentiellement dans les métiers de la santé : 42% du personnel du Service de Santé en opex est féminin est contre seulement 5% pour l’armée de terre.
Mais le plus inquiétant touche aux carrières des femmes dans la défense. Alors qu’elles sont pourtant honnêtement représentées dans le corps des officiers (13,2% des officiers sont des femmes et 28% des lauréats des concours externes), très peu d’entre elles restent de manière durable : une femme officier ne reste qu’en moyenne 11 ans dans l’armée, alors que la moyenne masculine est de 23 ans de carrière pour les officiers. Madame Françoise Gaudin, haut fonctionnaire en charge de l’égalité des droits du Ministère de la défense l’explique par des blocages dans le déroulement des carrières (peu de femmes accèdent à l’école de guerre par exemple…). Loin, très loin derrière l’armée israélienne qui compte plus d’officiers femmes que hommes !
Après le diagnostique, les remèdes. Le ministre de la défense a installé le 18 décembre dernier un observatoire de la parité du Ministère de la Défense avec un plan ambitieux visant à limiter les freins existant dans les carrières (conciliation vie privée et professionnelle…), sensibiliser  et de lutter contre les violences (harcèlement…).