ESKIVE, un PTD pour mettre le laser anti-drones en mouvement

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Les travaux sont lancés au sein des armées pour intégrer une arme laser sur un véhicule terrestre, application pressentie de longue date et désormais étudiée au travers du projet de technologies de défense (PTD) ESKIVE.

ESKIVE, pour « Effecteur Soft KIll pour VéhiculE », a été lancé l’an dernier par l’Agence de l’innovation de défense (AID). Sans surprise, ce PTD est depuis porté par CILAS, pionnier français du laser et à l’origine d’un système HELMA-P (High Energy Laser Multiple Application) bientôt pris en main par les armées françaises. Après les essais depuis le sol et en mer, après un déploiement lors des JO de Paris 2024, place aux études préliminaires visant une « approche système » et portant sur l’intégration sur des plateformes militaires. 

Concentré aujourd’hui sur le domaine terrestre, ESKIVE se traduit par l’intégration d’une capacité de neutralisation de micro et mini-drones sur un porteur ad-hoc. « Une première tranche de travaux s’est achevée ; elle permet de documenter la tourelle avec son effecteur laser, ses systèmes de détection, ainsi que tous les équipements », indique l’AID dans son rapport annuel. Celle-ci accompagne son annonce d’un visuel 3D proposant une version modifiée du laser HELMA-P, principalement sur son volet détection.

L’effort se poursuivra par une démonstration sur le véhicule Sherpa d’Arquus. Rien d’étonnant au fond, ce blindé léger était l’une des options reprises dès l’origine par MBDA lors de la création de son offre anti-drones Sky Warden. Système laser de classe 2 kW, HELMA-P reste l’une des briques d’une solution désormais vendue à deux pays étrangers. 

L’intégration sur Sherpa telle qu’exposée par MBDA en 2022 et à partir du design initial de HELMA-P

En plus d’ESKIVE, les armées françaises doivent chacune réceptionner un laser HELMA-P. Commandés à l’été 2024, ces trois effecteurs devaient être livrés l’an dernier pour permettre aux opérationnels de se faire la main sur un sujet encore émergent et de construire des doctrines d’emploi. Leur livraison a néanmoins été décalée à 2026 « du fait de retard industriel », précise le ministère des Armées. 

Derrière HELMA-P, c’est toute une gamme de systèmes sur laquelle CILAS planche en solo ou en équipe. Autre PTD lancé en 2025, SYDERAL doit déboucher sur un effecteur de classe 50 kW. À l’autre bout du spectre, une version portable (ou HELMA-LP) sera pour la première fois exposée la semaine prochaine au salon Eurosatory, sur le stand du ministère des Armées. 

Tout comme SYDERAL, ESKIVE est l’un des jalons franchis en 2025 par l’AID. D’autres n’auront pas eu cette chance. Bien que soutenu par une enveloppe de plus de 1 Md€, l’indicateur de maturation des technologies de défense aura encore reculé. Seuls 54 des 84 jalons prévus ont pu être franchis. Et encore, un quart de la cible était héritée de reports de 2024. De 82% en 2023 et 70% en 2024, le taux de progression a donc reculé à 61% en 2025.


Ces décalages, le ministère des Armées les explique par « des aléas nombreux concernant notamment la disponibilité des moyens d’essai, le retard pris dans la contractualisation des contrats en période de services votés ou l’allocation des compétences nécessaires », mais également par la « priorisation de l’activité des programmes engendrant des reports des démonstrations sur les moyens d’essai étatiques, redéploiement ou absences de personnels ». La trentaine d’objectifs non atteints a dés lors été reculée à 2026, dont huit étaient au stade du franchissement fin janvier. 

Crédits image : MBDA